On ne visite pas vraiment Nice : on la parcourt quartier par quartier. En quelques rues, on passe du baroque italien du Vieux-Nice aux palaces Belle Époque du bord de mer, des collines romaines de Cimiez aux pins du Mont Boron. Chacun a son ambiance, son rythme et ses habitués.
Je vis ici et j’y promène des visiteurs toute l’année. Voici les huit quartiers que je préfère faire découvrir, avec, pour chacun, ce qu’il faut voir, l’atmosphère qu’on y trouve et quelques adresses ou souvenirs personnels.
La carte des quartiers
Chaque quartier a sa couleur. Cliquez dessus, ou sur la légende, pour y accéder directement.
- Le Vieux-NiceLe cœur historique et baroque
- La colline du ChâteauLe grand panorama sur la baie
- Le port LympiaFaçades colorées et antiquaires
- Garibaldi & le Petit MaraisPlace royale, MAMAC et bars animés
- Le Carré d’Or & le centrePlace Masséna et boutiques
- La Promenade des AnglaisLa baie et les chaises bleues
- Libération & les MusiciensLe Nice authentique et son marché
- CimiezMatisse, le monastère, les arènes
- Le Mont BoronPins, villas et belvédères
Voici, dans l’ordre où je les ferais découvrir, les huit quartiers à connaître.
Le Vieux-Nice (le Babazouk)
C’est le cœur historique de la ville : un dédale de ruelles étroites, de façades ocre et de places baroques où l’influence italienne saute aux yeux. On y trouve le cours Saleya et son marché aux fleurs et aux fruits, la place Rossetti et sa cathédrale Sainte-Réparate, et le palais Lascaris, rue Droite : un somptueux palais baroque du XVIIe siècle dont l’entrée est gratuite.
Le conseil du guide
Venez tôt. Quand j’y emmène mes visiteurs, je commence presque toujours vers huit heures, avant que le cours Saleya ne se remplisse : les maraîchers installent leurs étals, l’odeur de la socca sort des fours, et on a les ruelles pour nous. Montez ensuite vers le haut de la vieille ville, là où le linge sèche encore entre les façades. Il arrive même que des anciens descendent un panier au bout d’une corde pour récupérer le pain sans descendre les étages.
La colline du Château
Au bout de la vieille ville, ce grand parc offre le plus beau panorama de Nice : les toits rouges du Vieux-Nice d’un côté, la Baie des Anges de l’autre, et le port en contrebas. Le château qui lui a donné son nom a été rasé au XVIIIe siècle, mais la vue, elle, est restée intacte. On y monte à pied par les escaliers, ou sans effort par l’ascenseur gratuit, au bout du quai des États-Unis.
C’est mon endroit préféré pour la fin de journée. Je conseille toujours d’y monter une heure avant le coucher du soleil : la lumière dore les façades, la grande cascade artificielle gronde, et on voit la ville s’allumer doucement. Prenez le temps de vous perdre un peu dans le parc : la plupart des visiteurs restent au belvédère principal, et c’est dommage.
Le port Lympia
De l’autre côté de la colline, le port Lympia aligne ses hautes façades colorées autour des bateaux et des yachts. C’est un quartier qui a beaucoup changé : longtemps populaire, il est devenu l’un des plus prisés de la ville, avec ses bars à vin, ses tables de poisson et ses antiquaires. La place Île-de-Beauté et son église néoclassique en forment le plus bel ensemble.
Si vous le pouvez, venez-y un lundi : c’est le jour de la grande brocante, et les quais se couvrent de meubles, de gravures et de vieilles affiches. J’aime y flâner sans rien chercher de précis. C’est aussi d’ici que partent les ferries pour la Corse. Il y a toujours, sur les quais, ce mélange de voyageurs et de Niçois venus simplement boire un verre face à l’eau.
Garibaldi & le Petit Marais
Entre le Vieux-Nice et le port, la place Garibaldi est la plus ancienne place royale de Nice : un grand quadrilatère d’arcades ocre et jaunes, bâti à la fin du XVIIIe siècle, avec en son centre la statue de Giuseppe Garibaldi, l’enfant du pays devenu héros de l’unité italienne. Tout autour, le quartier mêle façades anciennes, passage du tramway et terrasses animées.
Le long des rues qui descendent vers le port, on surnomme ce secteur le « Petit Marais », en clin d’œil au quartier parisien : c’est aujourd’hui l’un des coins les plus vivants pour sortir, avec ses bars, ses cavistes et ses petites tables. J’aime y commencer la soirée par un verre place Garibaldi, à la fraîche sous les arcades, avant de filer dîner vers le port. Le MAMAC, le musée d’Art moderne et d’Art contemporain, est juste à côté, et sa terrasse sur les toits vaut le coup d’œil.
Le Carré d’Or & le centre
C’est le Nice élégant et commerçant. Tout part de la place Masséna, avec ses immeubles rouge sang de bœuf, son grand damier au sol et la fontaine du Soleil. Le soir, les sept statues de la « Conversation à Nice », perchées sur leurs mâts, s’illuminent de couleurs changeantes. De là rayonnent l’avenue Jean Médecin, l’artère commerçante, et le Carré d’Or, le quadrilatère des boutiques de luxe autour de la rue Paradis.
Ne manquez pas la Promenade du Paillon, la « Coulée verte » : un long jardin qui a remplacé l’ancienne gare routière et relie le théâtre au bord de mer, avec ses miroirs d’eau où les enfants courent l’été. Le soir, j’aime traverser la place Masséna quand elle est presque vide et que les statues changent lentement de couleur, l’un des plus beaux spectacles gratuits de la ville.
La Promenade des Anglais & la Baie des Anges
Sur près de huit kilomètres, la « Prom’ » longe la Baie des Anges, ponctuée de ses célèbres chaises bleues et bordée d’hôtels Belle Époque comme le Negresco et le Palais de la Méditerranée. Son nom rappelle les hivernants anglais qui, au XIXe siècle, financèrent le premier chemin le long de la mer. Les plages sont en galets, mi-publiques, mi-privées.
C’est, pour beaucoup de Niçois, le rendez-vous du quotidien : on y court le matin, on y roule, on s’y assoit simplement face au bleu. Mon moment préféré, c’est tôt, quand la lumière est encore rose et qu’il n’y a presque personne, un café à la main, sur une chaise bleue, à regarder la baie. Poussez jusqu’au bout, vers le Rauba-Capeu et l’ancre monumentale, juste sous la colline du Château.
La visite
Vous préférez qu’on vous raconte tout ça sur place ?
Je propose des visites privées à pied, quartier par quartier : le Vieux-Nice et la colline du Château, le port et ses antiquaires, ou Cimiez et ses oliviers. On marche à votre rythme, et vous repartez avec les histoires qu’aucun panneau ne raconte.
Réserver ma visite →Libération & les Musiciens
Voici le Nice des Niçois. Autour de l’avenue Malausséna et de la place du Général-de-Gaulle, le quartier Libération vit au rythme de son marché, plus grand, plus populaire et plus authentique que celui du cours Saleya. Juste à côté, l’ancienne gare du Sud a été transformée en une vaste halle gourmande où l’on mange à toute heure. Le quartier voisin des Musiciens aligne, lui, ses immeubles bourgeois dans des rues qui portent des noms de compositeurs.
C’est là que je fais mes courses, et là que j’emmène les visiteurs qui veulent voir la ville telle qu’on la vit vraiment. On y croise peu de touristes, beaucoup d’habitués, et l’on mange une socca ou un pan-bagnat au comptoir sans chichi. Le marché s’anime surtout le matin : venez avant midi.
Cimiez
Sur les hauteurs, Cimiez est le quartier chic et patricien de Nice, celui des grands hôtels d’hiver, comme l’imposant Regina où séjourna la reine Victoria. C’est aussi le quartier de l’histoire la plus ancienne : ici se trouvait Cemenelum, la cité romaine, dont il reste des arènes et des thermes. On y visite le superbe musée Matisse, dans une villa génoise au milieu des oliviers, et le monastère franciscain dont les jardins en terrasses dominent toute la baie.
Henri Matisse a vécu et travaillé à Nice près de quarante ans ; il est enterré dans le cimetière du monastère, tout près du musée qui porte son nom. J’aime monter à Cimiez en fin de matinée, flâner dans l’oliveraie, où se tenait autrefois le grand festival de jazz, puis m’asseoir dans le jardin du monastère, l’un des plus paisibles de la ville.
Le Mont Boron
À l’est du port, le Mont Boron est une colline couverte de pins d’Alep et parsemée de villas Belle Époque cachées dans la verdure. On y monte pour la nature, pour le calme, et surtout pour la vue : depuis le fort du Mont Alban ou le sentier qui fait le tour de la colline, on embrasse d’un côté Nice et la Baie des Anges, de l’autre la rade de Villefranche et le Cap Ferrat.
C’est ma randonnée du dimanche. Le sentier est facile, ombragé, et offre sans cesse de nouveaux points de vue sur la mer. Le fort du Mont Alban, du XVIe siècle, est l’un des plus beaux belvédères de toute la Côte, et l’un des moins fréquentés.
Le conseil du guide
Partez en fin d’après-midi, avec de l’eau et de bonnes chaussures : la lumière rasante sur la Baie des Anges d’un côté et la rade de Villefranche de l’autre, c’est le plus beau final de journée que Nice puisse offrir, et presque personne n’y pense.
Quel quartier choisir selon votre séjour
Pour une première visite, logez près du centre ou en lisière du Vieux-Nice : vous ferez presque tout à pied. Pour le charme et l’animation, visez le Vieux-Nice ou le port ; pour le calme et la vue, Cimiez ou le Mont Boron ; pour vivre comme un habitant, le quartier Libération. Et où que vous soyez, le tramway relie l’essentiel en quelques minutes. Inutile de viser absolument le bord de mer.
Le plus simple, finalement, c’est de choisir une ambiance plutôt qu’une adresse : Nice est une ville où l’on marche, et où le meilleur d’un quartier se trouve souvent dans celui d’à côté.