Où manger à Nice : la cuisine niçoise et mon top 5 des restaurants
La socca, la pissaladière, la daube, les petits farcis et les tables où l’on mange vraiment niçois. Voici mes adresses, le plat à commander dans chacune, et une petite anecdote pour chaque maison, par quelqu’un qui vit ici.
Par Paul-HenriGuide à Nice · mis à jour le 6 juillet 2026 · 11 min de lecture
À refaire chez vous
Recette de la daube niçoise
Le grand plat mijoté de l’hiver niçois, et sa polenta crémeuse. Faites défiler les cartes : les ingrédients, la daube, la polenta, puis l’adresse où la déguster si vous préférez vous laisser servir.
Carte 1 · La liste
Les ingrédients
1,5 kg de bœuf à braiser (paleron, joue ou gîte)
75 cl de vin rouge corsé
150 g de lard fumé ou de couenne
3 oignons et 3 carottes
4 gousses d’ail
2 tomates (ou 1 cuillère de concentré)
100 g d’olives noires de Nice
1 bouquet garni (thym, laurier, romarin)
1 écorce d’orange séchée
Huile d’olive, sel, poivre
Pour 6 personnes. Prévoyez une marinade la veille.
Carte 2 · Le plat
La daube, pas à pas
La veille, faites mariner le bœuf coupé en gros cubes dans le vin rouge, avec les oignons, l’ail, le bouquet garni et l’écorce d’orange.
Le lendemain, égouttez la viande et faites-la dorer à l’huile d’olive avec le lard, par petites quantités.
Ajoutez les légumes de la marinade, puis mouillez avec le vin filtré. Ajoutez les tomates et les olives.
Salez, poivrez, couvrez et laissez mijoter à feu très doux pendant 3 à 4 heures.
La daube est prête quand la viande se défait à la fourchette. Elle est meilleure encore réchauffée le lendemain.
Carte 3 · L’accompagnement
La polenta crémeuse
Portez à ébullition 1 litre d’eau salée, ou de bouillon.
Versez 250 g de polenta en pluie, sans cesser de fouetter pour éviter les grumeaux.
Baissez le feu et remuez régulièrement, le temps indiqué sur le paquet (de 5 à 40 minutes selon la mouture).
Hors du feu, ajoutez une noix de beurre, un filet d’huile d’olive et, si vous aimez, du parmesan.
Servez-la crémeuse sous la daube, ou laissez-la refroidir puis poêlez-la en tranches dorées.
Où la goûter à Nice
La meilleure daube de Nice
Pas le temps de la mijoter ? Filez au restaurant Du Gésu, place du Jésus, en plein Vieux-Nice, face à l’église baroque : sa daube et ses raviolis à la daube sont une institution.
À Nice, on ne mange pas « provençal », on mange niçois, et la nuance compte. C’est une cuisine de pauvres devenue cuisine de cœur : le pois chiche, l’oignon, la blette, la morue séchée, l’huile d’olive, et beaucoup de soleil. Elle se transmet en famille, se déguste debout au comptoir ou serrés autour d’une table, et elle raconte la ville mieux que n’importe quel guide.
Je vis ici toute l’année, et c’est sans doute la question qu’on me pose le plus souvent en visite : « Et vous, où mangez-vous ? » Voici ma réponse honnête. D’abord les plats à connaître, puis mon top 5 des tables niçoises (avec le plat à commander dans chacune), un petit test pour trouver la vôtre, et mes conseils pour ne pas tomber dans les pièges à touristes.
Le terroirUne cuisine méditerranéenne, à part de la Provence, héritée du comté de Nice
Le plat emblèmeLa socca, galette de pois chiche cuite au feu de bois
Le bon repèreLe label « Cuisine Nissarde » et les institutions du Vieux-Nice
BudgetQuelques euros pour une socca · 20 à 35 € pour un vrai repas
À réserverOui, les salles sont minuscules et très demandées
Pour finirUne glace artisanale, place Rossetti, parfum fleur d’oranger
La cuisine niçoise, vraiment
Avant de parler restaurants, parlons assiette. La cuisine niçoise est simple, liée aux saisons et au marché. Voici les plats que je vous conseille de goûter en priorité, ceux qui disent le mieux d’où vient cette ville.
La soccaLa galette de pois chiche, cuite au feu de bois, servie brûlante et bien poivrée. Le geste le plus niçois qui soit.
La pissaladièreUne pâte fine couverte d’oignons fondus, d’anchois et de petites olives de Nice. Ni tomate, ni fromage.
Le pan-bagnatLe « pain mouillé » : un pain rond garni d’une salade niçoise et généreusement imbibé d’huile d’olive.
La vraie salade niçoiseTomates, anchois ou thon, œuf dur, févettes, oignon. Surtout pas de pomme de terre ni de haricot vert.
Les petits farcisDes légumes du soleil farcis de viande et d’herbes, puis gratinés. Le plat du dimanche par excellence.
La daube niçoiseDu bœuf longuement mijoté au vin, que l’on sert volontiers avec des raviolis ou des gnocchis maison.
La tourte de blettesL’étonnant dessert local : une tourte sucrée aux blettes, pignons et raisins secs. À essayer au moins une fois.
L’estocaficadaLe stockfish niçois : de la morue séchée mijotée avec tomates, olives, oignons et pommes de terre.
Les petits farcis : légumes du soleil farcis et gratinés, le plat du dimanche niçois par excellence.
Pour reconnaître une vraie cuisine niçoise, j’ai un repère simple : le label « Cuisine Nissarde », créé par l’office de tourisme de Nice, qui distingue les maisons respectant les recettes traditionnelles. Quand je ne connais pas une adresse, c’est le premier signe que je cherche.
Le conseil du guide
La socca ne se commande pas, elle se guette : elle se mange brûlante, à la sortie de la plaque, bien poivrée et avec les doigts. Une part qui attend, c’est une part qui ramollit. Placez-vous près du four et visez la fournée qui sort, pas celle qui patiente sur le comptoir.
Mon top 5 des restaurants de cuisine niçoise
Voici mon classement très personnel, de ma table préférée aux institutions à connaître. Ce ne sont pas les plus grandes ni les plus chics : ce sont celles où je reviens, et où j’emmène mes amis de passage. Pour chacune, je vous dis quoi commander et ce qu’il faut savoir avant d’y aller.
C’est dans les ruelles du Vieux-Nice que se cachent la plupart de ces institutions.
01
Vieux-Nice · 4 rue Raoul Bosio
La Merenda
La première fois que j’ai voulu y dîner, j’ai fait comme tout le monde : je suis passé devant la porte pour réserver, parce qu’il n’y a tout simplement pas de téléphone. La Merenda, c’est une salle minuscule, des tabourets de bois sans dossier, des tables presque collées et une cuisine ouverte d’où sort une cuisine niçoise d’une justesse rare. Derrière le comptoir, Dominique Le Stanc, un chef qui avait décroché deux étoiles au Negresco et qui a tout quitté en 1996 pour reprendre ce petit lieu né en 1966. On y paie en espèces, on s’y serre, et on en ressort avec le sentiment d’avoir mangé la vraie Nice. « Merenda », en nissart, c’est le casse-croûte.
À commanderLes pâtes au pistou, le stockfish, les tripes à la niçoise, la tourte de blettes et la tarte au citron.
Bon à savoirPas de téléphone ni de carte bancaire (espèces uniquement). On réserve en passant sur place. Fermé le week-end, très peu de couverts.
02
Vieux-Nice · rue Droite
Chez Acchiardo
C’est la trattoria de famille comme on en rêve. La même famille tient la maison depuis 1927, sur quatre générations, et ça se sent dès qu’on pousse la porte : on est accueilli comme un habitué, même quand on vient pour la première fois. La salle est petite, les nappes simples, et la carte tient sur une page de plats que l’on se transmet ici depuis presque un siècle. C’est l’adresse que je donne quand on me demande où goûter une cuisine niçoise familiale, généreuse et sans chichi.
À commanderLa daube niçoise, les raviolis maison et les petits farcis.
Bon à savoirSalle courue et peu de tables : réservez, surtout le soir. Une institution familiale du Vieux-Nice.
03
Près du port · 13 rue Bavastro
Chez Pipo
Si vous ne deviez goûter qu’une seule chose à Nice, ce serait peut-être une part de socca chez Pipo. On y cuit la galette de pois chiche au feu de bois, sur de grandes plaques de cuivre, depuis 1923. Sur le mur, la devise s’affiche en nissart : « Aquì si manja la socca », ici on mange la socca. On s’installe sur de longs bancs de bois, on partage parfois la table avec des inconnus, et on attend que sortent les parts brûlantes, légèrement noircies sur les bords. C’est simple, populaire, et c’est un vrai morceau de Nice.
À commanderLa socca, évidemment, mais aussi la pissaladière, le pan-bagnat et la tourte de blettes.
Bon à savoirSouvent fermé le lundi et le mardi (ouvert le mardi en été). Petit budget. On y vient pour l’ambiance autant que pour l’assiette.
04
Vieux-Nice · 4 rue François Zanin
La Table d’Alziari
Voilà la table que je garde pour les curieux, ceux qui veulent goûter les recettes niçoises qu’on ne trouve presque plus à la carte ailleurs. À deux pas de l’église Saint-Martin-Saint-Augustin, on y sert des plats que même certains Niçois n’ont jamais essayés : le lou piech, une poche de veau farcie au riz, aux œufs et aux blettes, ou les capouns, des feuilles de blette roulées et farcies. C’est une cuisine de mémoire, mijotée, qui raconte la Nice d’avant.
À commanderLe lou piech, les capouns, la morue à la niçoise et les sardines farcies.
Bon à savoirOuvert du mardi au samedi, quelques tables seulement. Parfait pour sortir des grands classiques.
05
Le Ray, Nice Nord · avenue du Ray
La Ratapignata
Pour manger niçois loin de la foule, je monte vers le quartier du Ray, un peu au nord du centre (le tramway vous y dépose en quelques minutes). La Ratapignata, c’est le bistrot de quartier dans toute sa vérité : des habitués au comptoir, une chauve-souris peinte sur la devanture (« ratapignata », c’est justement la chauve-souris en nissart) et une ardoise qui change au gré du marché. On y mange l’estocaficada, le fameux stockfish, des gnocchis maison et une daube comme à la maison.
À commanderL’estocaficada (stockfish), les gnocchis maison, la daube et les raviolis.
Bon à savoirAmbiance de quartier et clientèle d’habitués, hors des sentiers touristiques. Pensez à réserver le soir.
Le conseil du guide
Pour la Merenda, un seul réflexe : passez-y en début de journée poser votre nom pour le soir même, puisqu’il n’y a pas de téléphone. Et prévoyez des espèces, la maison ne prend pas la carte. Pour les autres institutions, un appel quelques jours avant suffit, surtout pour le week-end.
La visite
Et si on allait les goûter ensemble ?
Je propose une balade gourmande dans le Vieux-Nice : on marche, on s’arrête au comptoir d’une socca, on pousse la porte d’une institution, et je vous raconte la ville par ce qu’elle mange. Vous repartez avec mes adresses et les histoires qui vont avec.
Quatre questions, trente secondes : répondez et je vous dis quelle table niçoise est faite pour vous, avec le plat à y commander. Cliquez ensuite sur « Voir ma table » pour filer droit sur la fiche.
De temps en temps, j’envoie mes nouvelles tables et mes coins préférés à Nice. Laissez votre email si ça vous tente, rien de plus.
La pause sucrée
On ne quitte pas Nice sans une glace, et il y a une maison que je cite toujours. Considérez-la comme le bonus de ce top 5.
★
Vieux-Nice · 2 place Rossetti
Fenocchio
Place Rossetti, sous le clocher, c’est l’institution glacée de Nice depuis 1966. Une centaine de parfums vous attend, dont quelques-uns qu’on ne trouve à peu près qu’ici : tourte de blettes, fleur d’oranger, violette, lavande, et même tomate-basilic. Mon rituel n’a pas changé depuis des années : une boule de fleur d’oranger, une de citron, et je vais m’asseoir sur les marches de la place pour regarder passer le monde. La maison a même créé un parfum maison, « Le Comté de Nice ».
À commanderLes parfums niçois : fleur d’oranger, violette et l’étonnante tourte de blettes.
Bon à savoirDeux comptoirs dans le Vieux-Nice. File d’attente fréquente l’été, mais elle avance vite. Parfait pour finir la balade en douceur.
Le conseil du guide
L’été, si la file déborde place Rossetti, souvenez-vous qu’il existe un second comptoir à deux pas dans le Vieux-Nice, souvent plus tranquille. Et commandez comme un Niçois : la fleur d’oranger d’abord, la tourte de blettes pour les curieux, puis les marches de la place pour la déguster en regardant passer le monde.
Mes conseils pour bien manger à Nice
Réservez les petites tables. Les institutions du Vieux-Nice ont des salles minuscules et se remplissent vite. Certaines, comme la Merenda, n’ont même pas de téléphone : on y réserve en passant directement dans la journée. Anticipez, surtout le soir et le week-end.
Cherchez le label « Cuisine Nissarde ». C’est le repère le plus fiable pour trouver une vraie cuisine locale. Quand une adresse l’affiche, vous avez de bonnes chances de manger des recettes traditionnelles et non une carte standardisée.
Méfiez-vous des terrasses trop touristiques. Sur certaines places passantes, les menus en photos et les serveurs qui hèlent les passants sont rarement bon signe. Un test imparable : si la salade niçoise contient des pommes de terre ou des haricots verts, fuyez, ce n’est pas la vraie.
Mangez de saison. La cuisine niçoise suit le marché. L’été, on profite des légumes du soleil et des farcis ; l’hiver, on se réchauffe avec une daube ou un stockfish. Demandez le plat du jour, c’est souvent là que la maison donne le meilleur.
Et si votre temps est compté, sachez que j’ai casé une pause socca dans mon itinéraire que faire à Nice en 1 journée. Les curieux, eux, comprendront d’où viennent ces recettes en remontant les 2 400 ans d’histoire de Nice : cette cuisine est née avec le comté.
Questions fréquentes
Où manger une vraie socca à Nice ? +
L’adresse de référence pour la socca au feu de bois est Chez Pipo, près du port, qui la prépare à l’ancienne depuis les années 1920. On en trouve aussi d’excellentes dans le Vieux-Nice, notamment autour du cours Saleya.
Quels sont les meilleurs restaurants de cuisine niçoise ? +
Parmi les institutions : La Merenda (la table du chef Dominique Le Stanc), Chez Acchiardo (en famille depuis 1927) et Chez Pipo pour la socca. Pour des recettes plus rares, La Table d’Alziari ; et pour manger comme un Niçois loin des foules, La Ratapignata.
Combien coûte un repas niçois à Nice ? +
Une part de socca coûte quelques euros. Dans une institution de cuisine niçoise, comptez en général entre 20 et 35 euros pour un repas, davantage dans une table gastronomique. Les prix varient selon la saison et l’adresse.
Faut-il réserver dans les restaurants niçois ? +
Oui, surtout dans les petites institutions du Vieux-Nice, dont les salles sont minuscules et très demandées. La Merenda, par exemple, n’a pas de téléphone : on y réserve en passant directement sur place.
Qu’est-ce que le label Cuisine Nissarde ? +
C’est un label créé par l’office de tourisme de Nice qui distingue les restaurants respectant les recettes traditionnelles niçoises. C’est un bon repère pour trouver une cuisine locale authentique.
Par Paul-Henri, guide à Nice
Je fais découvrir Nice et la Côte d’Azur à pied, en français, loin des circuits tout faits. La gastronomie est l’un de mes terrains préférés : poussons ensemble la porte de mes adresses.
LA spécialité de Nice, et la plus simple qui soit : du pois chiche, de l’eau, de l’huile d’olive. Faites défiler les cartes pour la pâte, la cuisson, puis l’adresse où la goûter au feu de bois.
Carte 1 · La liste
Les ingrédients
250 g de farine de pois chiche
50 cl d’eau
4 cuillères à soupe d’huile d’olive
1 cuillère à café de sel
Poivre du moulin
Pour une grande plaque. Comptez 1 h de repos pour la pâte.
Carte 2 · La pâte
Préparer la pâte
Versez la farine de pois chiche dans un saladier avec le sel.
Ajoutez l’eau peu à peu en fouettant, puis l’huile d’olive, jusqu’à une pâte bien lisse et fluide.
Laissez reposer au moins 1 heure à température ambiante.
Avant de cuire, retirez l’écume qui s’est formée à la surface.
Carte 3 · La cuisson
Cuire la socca
Préchauffez le four au maximum (250 °C et plus), avec le gril si vous l’avez.
Huilez généreusement une grande plaque, puis faites-la chauffer au four jusqu’à ce qu’elle soit brûlante.
Versez une fine couche de pâte, 3 à 4 mm, sur la plaque chaude.
Enfournez tout en haut, sous le gril, 8 à 12 minutes : la socca doit dorer et faire des cloques brunies.
Cassez-la en morceaux, poivrez généreusement et dégustez-la brûlante.
Où la goûter à Nice
La socca au feu de bois
Le vrai geste demande un four de feu. Pour la version originale, filez Chez Pipo, près du port, qui la cuit au feu de bois sur plaque de cuivre depuis 1923.